1AM – Aphex Twin EP 2

Parce qu’il y avait beaucoup de choses à dire sur le sujet ! Dans l’EP2 nous revenons de façon non-didactique, sur l’aspect cryptique et ludique des éléments musicaux ou non qui définissent l’univers d’Aphex Twin.

Quand Richard D. James se laisse convaincre par Grant Wilson-Claridge de plus s’investir dans la musique, il a cette particularité de ne rien connaître aux codes musicaux de son époque. Pas d’Internet (on est aux Cornouailles dans les années 80), pas de pop à la mode (il essaie de s’initier au Rock que sa soeur écoute, mais abandonne très vite), aucune connaissance des productions électro fondatrices (il ne connaît pas Kraftwerk).

C’est un vrai bidouilleur par contre. Il passe des heures à générer et enregistrer des sons étranges et à faire de la musique à partir de ses trouvailles. Pour ceux qui fréquentent les raves dans les années 80 et qui sont avides de découvertes, c’est le Graal.

Mais il n’est pas le seul. Ils sont nombreux dans ces mêmes années à réinventer la musique, alors qu’une certaine scène s’appuie sur la reprise de titres par la méthode du sampling, ces artistes partent dans une direction très différente.

Le Système de Récompense

La particularité d’Aphex tient à son caractère très affirmé et sa passion du ludique dans la musique. On ne parle plus de composition, de théorie musicale, mais vraiment de l’art de communiquer et de laisser un public s’approprier une œuvre.

Par ses messages sibyllins sur la vitesse d’exécution de ses titres, il amène ses auditeurs à transformer sa musique : jouer un 45T en 33, analyser le spectre sonore d’une track étrange pour y découvrir un visage caché. Découvrir que le langage mystérieux utilisé pour les titres est du cornique et que chaque morceau a un sens, ou que ces mêmes titres font références à la technologie utilisée pour la composition.

Il y a donc ces auditeurs – qui plus tard s’agrégeront en communautés -, récompensés par la connaissance. Ils sauront déchiffrer la musique, mais aussi les messages cachés disséminés aux quatre coins d’un Internet naissant. Eux seront à l’heure pour acheter un disque mis en vente quelques heures (qui ne sera jamais ré-édité).

Le Détournement du Mainstream

Pour les autres, il y a ces morceaux qui un jour s’invitent sur MTV. Des morceaux en total décalage avec la programmation classique de la chaîne, produit par le même artiste, mais tous très différents les uns des autres.

La carrière mainstream d’AFX, ne repose que sur trois morceaux, et dans le genre « mainstream », il faut s’accrocher :

Come To Daddy, un mélange electro-trash avec un clip dérangeant

Windowlicker, une parodie de rap/RnB avec un clip… dérangeant (mais ultra-drôle)

Donkey Rhubarb, une parodie de chanson pour enfants, avec un clip… dérangeant (mais ultra-drôle)

Ces trois morceaux, tellement étranges qu’ils restent intemporels, sont la porte d’entrée pour la plupart des gens qui un jour entendent parler d’AFX. Et on aime autant ces vidéos pour la musique entendu que pour leurs images !

Personnages grotesques et inquiétants, logo novateur, comment ne pas être conquis par cet artiste qui ne se répand pas en interviews, mais qui communique par des éléments visuels forts qui seront très largement repompés (Half-Life anyone ?)

Créer et non-composer

Aphex Twin l’a redit encore récemment durant son entretien avec un ancien ingénieur de chez Korg : il ne sait pas lire la musique. S’il doit travailler avec un orchestre, il vient avec ses machines et donne des indications sonores. Et si vraiment il doit lire quelque chose sur la musique alors ce sera sur les fréquences.

Il est par contre quasi-imbattable sur la création sonore à partir d’instruments vintages. Il est l’un des rares à avoir réussi à produire quelque chose à partir du Cheetah MS800, synthétiseur/séquenceur produit à la fin des années 80 et retiré presque aussitôt. La machine a la réputation d’être impossible à programmer.

Il ne sait pas quel son la machine va produire, il ne sait pas quelles limites techniques vont lui être imposées, mais peu importe. C’est ce qu’il a obtenu qui en partie a décidé du résultat de son EP Cheetah.

 

 

 

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s